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Jeudi 09 Juillet 2020

Salle de Presse

Rapport des Nations Unies : Les filles dans les groupes armés en République démocratique du Congo

Friday 29th of January 2016
justice pour mineurs dans le monde

En Novembre 2015, la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a publié son deuxième rapport sur les enfants en lien avec les groupes armés, intitulé « Invisible Survivors: Girls in Armed Groups in the Democratic Republic of Congo From 2009 to 2015 » (Les rescapées invisibles: les filles dans les groupes armés en République démocratique du Congo, 2009 à 2015). Le rapport présente des statistiques collectées entre l’adoption de la Loi nationale de Protection des Enfants (Child Protection Law) en 2009, qui interdit le recrutement d’enfants par les groupes armés, et mai 2015. Bien que les filles soient moins souvent recrutées que les garçons, ce rapport porte une attention particulière au sort qui leur est réservé. Les membres féminins des groupes armés font souvent l’objet de formes additionnelles d’abus, telles l’exploitation sexuelle et d’autres formes de violences basées sur leur sexe.


La section 5 du rapport présente un intérêt particulier en ce qu’elle élabore sur l’ « invisibilité » des filles dans les groupes armés. Bien qu’il y ait de nombreuses preuves du recrutement de filles âgées de moins de 18 ans, il reste très difficile d’estimer précisément leur nombre. Il y a différentes explications possibles concernant cette absence de statistiques adéquates, notamment la reluctance des leaders des groupes armés à communiquer à propos de la présences de jeunes filles sous leur commandement, la peur du stigma social, et le fait qu’il soit plus difficile pour les filles de s’échapper en raison de grossesses ou de leur responsabilité envers de jeunes enfants.

Le rapport confirme qu’une large majorité des jeunes filles ne s’engagent pas volontairement au sein de groupes armés, mais sont plutôt forcées de les rejoindre après avoir été enlevées, trompées par de fausses promesses ou soumises à la pression de leurs amis, famille ou des autorités traditionnelles. A partir de centaines de témoignages, la Section 7 du rapport précise que peu de jeunes filles sont utilisées comme combattantes, et que la plupart d’entre elles servent plutôt en tant que domestiques et esclaves sexuelles.

La section finale du rapport contient une série de recommandations. Le gouvernement de RDC est sommé de se concentrer sur la prévention, de s’assurer que son programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) porte suffisamment d’attention aux besoins spécifiques des jeunes filles et des femmes, et de prendre la responsabilité de traduire en justice les auteurs du recrutement et de l’exploitation sexuelle des jeunes filles. Les groupes armés sont eux appelés à libérer tous les enfants, y compris les filles, en leurs rangs. Enfin, le rapport s’adresse à d’autres acteurs, tels la société civile et les autorités traditionnelles, en les urgeant d’augmenter la prise de conscience autour des conséquences dramatiques du recrutement des enfants et de préparer les communautés au possible retour des jeunes filles et de leurs enfants.

L’OIJJ soutient tous les efforts contre le recrutement des enfants pendant les conflits armés et recommande cette recherche de la MONUSCO, qui permet de lever le voile sur l’expérience des jeunes filles et des femmes au sein de cet environnement extrêmement hostile, ainsi que sur les différents rôles qu’elles jouent au sein de celui-ci. Cette information est utile pour la construction des missions de paix et d’aide humanitaire dans une perspective englobant tous les genres, prenant en compte les besoins concrets des jeunes filles dans les situations de conflits et de rétablissement de la paix. Les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration devraient être conçus en tenant compte de ces besoins et devraient aussi être utilisés pour promouvoir le potentiel des jeunes filles, ainsi que leur accès égal à la justice, la santé l’éducation et l’emploi.


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